La réussite du citoyen Abou Woro Traore au Mali

Une éthique "malienne" du capitalisme ?

http://www.afribone.com/IMG/jpg/abou.jpg  http://www.anpe-mali.org/images/Portrait_Itineraires_6_027_t.jpg

L'article que nous reproduisons ci-dessous est publié sur le site internet de l'Agence Nationale pour l'Emploi (ANPE) de Bamako. L'article entier et les photos figurent sur
http://www.anpe-mali.org/news/portrait-abou-woro-yacouba-traore
Nous publions pour notre part les principaux extraits de ce portrait de "self-made man" malien. Sous réserve que ce portrait soit objectif, on y retrouve des facteurs déjà observés par Max Weber pour décrire les réussites des familles protestantes et par les connaisseurs des sociétés asiatiques (valeurs confucéennes). Le héros présenté ici est issu d'une longue lignée. Sa percée économique dans des secteurs modernes s'enracine dans une tradition où la transmission des valeurs ancestrales et de l'Islam joue un rôle. Si la force des liens familiaux a joué, elle n'explique pas tout. Traore semble à la fois le fruit de la tradition et un pionnier qui sait innover et qui travaille dur, avec discipline et ténacité. On a donc un exemple de décollage économique venant de la base et de la tradition, mais qui s'intègre parfaitement dans une économie mondialisée.


Ce mercredi 21 mars 2007, aura lieu à Sikasso, l'enregistrement de l'émission télévisée « Itinéraires ». L'invité du mois est un opérateur économique doublé d'un industriel ayant plusieurs cordes à son arc. Les entreprises Abou Woro emploient des centaines de travailleurs salariés. D'où le choix porté sur lui pour ce numéro d'Itinéraires.

L'image

Né en 1972 à Sikasso, Abou Woro Yacouba TRAORE est d'une famille où on est commerçant de père en fils et de génération en génération. La particularité qui, jusque là, marquait cette famille est son attachement à la vente de cola. En effet, de l'arrière grand père à Abou Woro en passant par son père Yacouba Woro et à son grand père, tous ont été commerçants de cola. La cola, cette noix mystique dont l'origine remonte aux temps immémoriaux, symbole de solidarité, de fraternité, d'amour, de paix et de réconciliation dans nombre de sociétés traditionnelles africaines, est présente à tous les événements significatifs de notre vie sociale. L'histoire de la famille est intimement liée à la cola. Pourquoi ? L'intéressé lui-même nous éclairera davantage sur la question.


Parti de son village natal de Woloni, dans les années 1950, le père Yacouba Woro décide de s'installer à Sikasso, capitale du Kénédougou. La position stratégique de cette ville cosmopolite y est certainement pour quelque chose. Car, frontalière avec la Côte d'Ivoire appelée à l'époque « pays de la cola », ce choix du vieux Yacouba TRAORE alias « Yacou Woro » va donner une impulsion nouvelle au commerce de la famille TRAORE, qui, de la cola, élargira ses activités à d'autres domaines, notamment la vente de pagnes et l'importation de diverses autres marchandises.


Entre temps, malgré ses études coraniques dans une médersa de la place, le jeune Abou assistera son père dans la vente de cola au grand marché de Sikasso. Mais poussé par le vent de la réussite, il s'expatrie quelques années. Ainsi, il mènera des petits travaux de manœuvre un peu partout en Afrique, singulièrement au Nigeria, avant de revenir au pays.

A partir de ce moment, Abou Woro va exceller dans le commerce d'import. Hong Kong, Japon, Dubaï, Malaisie, entre autres pays, n'ont aucun secret pour lui.
Malgré, Abou ne semble toujours pas satisfait. C'est ainsi qu'il va se lancer dans la transformation de produits locaux, notamment la graine de coton dont notre pays est l'un des plus importants producteurs en Afrique. L'Huilerie Abou Woro Yacouba TRAORE voit ainsi le jour.


Cette unité, d'une capacité de traitement de 300 tonnes de graines de coton par jour, emploie dans les conditions normales quelques 550 travailleurs permanents. Ce n'est pas tout, Abou Woro est aussi promoteur de plusieurs autres sociétés et entreprises dans les domaines aussi variés que le transport, le transit, le commerce général et les BTP.


En plus de tout ça, il demeure viscéralement attaché à l'agriculture. A ce sujet il possède 5 000 ha aménagés à Ké Macina en Zone Office du Niger destinés à la culture du blé, du riz et de la tomate. Par ailleurs, d'ici 2008 l'usine de production de biocarburant, à partir de la graine de coton et du Jatropha, communément appelé « bagani » en bambara, sera opérationnelle et permettra la création d'environ 1 000 emplois nouveaux.


Dans les perspectives, Abou Woro nourrit de grands projets, notamment dans le domaine de la transformation de nos produits locaux en vue de réduire considérablement notre dépendance vis-à-vis de l'extérieur par rapport à certains produits et donner de l'emploi au maximum de compatriotes en général et des jeunes en particulier.

Marié et père de 4 enfants, Abou Woro est un féru de l'informatique. Ses temps libres, il les consacre à Internet et aux voyages.


L'image    http://hawyt.com/img/travg.jpg


Abou Woro au siège de la société HAWYT, avec ses collaborateurs.




19/06/2008
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