Philosophie politique en Afrique contemporaine : Etat des lieux

La philosophie politique africaine et ses développements contemporains

Une nouvelle façon de concevoir le vivre ensemble

CSPRP – Paris Diderot  / CNRS Nancy 2

Vendredi 20 juin 2008

 Notes prises par Laurent Ladouce

Le Centre de sociologie des pratiques et des représentations politiques (CSPRP - www.csprp.univ-paris-diderot.fr) est une équipe d'accueil pour des chercheurs, des doctorants et des post-doctorants français et étrangers. Le CSPRP  organisait le vendredi 20 juin un colloque à Paris VII, en coopération avec le CNRS de Nancy 2 sur le thème « la philosophie politique africaine ».
 
Ces travaux ne pouvait qu'intéresser la commission sur « le rêve africain ». Il s'agissait en effet d'interroger les pratiques politiques africaines contemporaines à la lueur de certains idéaux. Ces idéaux sont non seulement des exigences théoriques de la philosophie (celle du meilleur gouvernement possible) il faut surtout espérer qu'ils soient les aspirations réelles des citoyens africains à la recherche d'un épanouissement politique capable d'apporter le bonheur.

Position du problème : une sagesse pour mieux agir

L'utilité de la « philosophie politique » en Afrique peut laisser sceptique. En effet, l'image de l'Afrique est celle d'un continent fragile et assailli par des besoins immédiats et urgents. L'idée d'une réflexion à long terme, d'une vision ce que l'Afrique pourrait devenir politiquement, paraît souvent vaine, voire déplacée. Beaucoup de gens sont certes convaincus que l'Afrique a besoin d'idées, de concepts, mais on leur demande avant tout d'être pratiques et tournés vers l'action. Dans son introduction à un dossier de « Politique africaine » consacrée à la philosophie politique, le professeur Abel Kouvouma avait souligné que celle-ci de doit pas rester théorique. Il avait d'ailleurs repris la distinction classique entre Platon et Aristote :

« La réflexion de Platon, dans La République, sur la cité idéale non corruptible a conduit à faire de la philosophie politique la science architectonique : pour qu'une cité soit juste, il est indispensable qu'elle soit dirigée par le philosophe ou par le roi qui se serait initié à la science philosophique. La science philosophique se définit comme «l'art de diriger la cité selon la justice». Contre cette conception du philosophe roi installé dans la «sagesse théorique», Aristote adopte une voie médiane. À la «sagesse théorique» réservée à une quantité infime de personnes considérées comme sages et vivant retirées du monde de l'action, il oppose la «sagesse pratique» propre aux individus vivants. Vue sous cet angle, la philosophie politique contemporaine en Afrique se doit de tenir compte également des visées pratiques du politique pour penser celui-ci dans sa complexité, à la fois comme espace des possibles et comme espace d'expérimentation des conduites humaines sous les aspects individuels et collectifs. » (extrait du numéro 77 de Politique africaine, une bonne introduction pour comprendre le sujet. Intitulé Philosophie et politique en Afrique ce dossier est disponible sur

www.politique-africaine.com/numeros/pdf/077044.pdf)

On notera d'ailleurs que l'obstacle au « rêve africain » est souvent formulé, par les Africains ou les africanistes, en termes politiques. Le « mal africain » ou le « malheur africain », selon une opinion répandue, c'est la mal gouvernance. Bouc émissaire ou simple symptôme criant, « le pouvoir » en Afrique cristallise les attentes déçues, les ressentiments. Inversement, beaucoup croient que seul le changement politique donnerait au « rêve africain » un début d'incarnation.

En attendant, beaucoup d'Africains connaissent un déchirement entre la nation rêvée et la nation vécue. Le continent regorge en effet de régimes à la légitimité douteuse, qui peinent à promouvoir un véritable développement, répondre aux besoins de la population, préserver la sécurité des citoyens tout en respectant les libertés.

Venons-en à présent aux travaux que nous ont proposés les organisateurs du colloque du 20 juin. La réunion se déroulait dans l'amphithéâtre 56 de Paris VII. D'emblée, on était chaleureusement accueillis par les organisateurs, M. Etienne Tassin (professeur de philosophie politique à Paris VII), M. Michel Levallois (C.A.D.E.), Mme Sonia Dayan-Herzbrun (C.S.P.R.P.) et madame Juliette Lagrange, agrégée de philosophie à Nancy.

Un véritable événement de philosophie politique à l'horizon 2010

En introduction de la session du matin, Sonia Dayan-Herzbrun, est brièvement revenue sur les principaux moments de l'histoire politique contemporaine de l'Afrique. Les indépendances furent suivies d'une période d'espoir déçu, car en général des régimes dictatoriaux ont sévi en Afrique. Après la chute de l'URSS, l'espoir renaissait avec les promesses du multipartisme, mais de nouvelles tragédies ont rythmé la vie politique africaine, souvent marquée par l'instabilité, la précarité, et les violences. Mais elle a salué, après toutes ces périodes tumultueuses, l'émergence d'une réflexion politique plus autonome  et plus mûre, qui se développe chez les nouvelles générations.

Elle a aussi souhaité que la notion du « vivre ensemble » concerne non seulement des rapports plus pacifiés des Africains entre eux, mais une meilleure entente entre anciens colonisateurs et colonisés. Avant le premier exposé, madame Juliette Grange a rappelé le caractère modeste de la journée de travail. « N'attendons pas des réponses fondamentales aujourd'hui, nous allons plutôt explorer quelques pistes. Nous espérons organiser un véritable événement de philosophie politique à l'horizon 2010. »

Typologie des régimes africains et transitologie

M. Gerbais Yamb a été le premier orateur. Ce chercheur camerounais, doctorant à Nancy 2, a évoqué quelques interrogations dans le cadre de la « transitologie ». Ce terme encore peu usité de la science politique emprunté à l'anglais est la discipline qui étudie le processus d'évolution d'un régime politique vers un autre. Il s'agit en particulier de savoir comment on passe de régimes autoritaires à de véritables régimes démocratiques.

M. Yamb a préféré le questionnement socratique aux vérités magistrales. Poser les bonnes questions est parfois plus utile que plaquer des réponses rassurantes. Loin de traduire une attitude désabusée, distante, ce parti pris s'est exprimé avec une certaine passion. On a senti une pensée en débat intense avec elle-même, qui souffre de ne pas saisir le vrai et se refuse à la facilité des clichés. « Qu'est-ce que la politique africaine ? Qu'est-ce que la démocratie ? » a-t-il répété plusieurs fois, comme pour interroger tous les participants. « Les penseurs politiques africains sont responsables de proposer des choix à opérer à partir du souhaitable » a-t-il lancé, avant d'ajouter, un ton plus bas : « du possible, du permis et de l'efficace ».

Après avoir débroussaillé un chemin obscur et écarté les fausses pistes, M. Yamb nous a amenés dans une première clairière où notre pensée déjà fatiguée a pu se reposer un peu. Il a souhaité en effet que l'Afrique arrive à se réapproprier le discours sur elle-même. Sans récuser les points de vue externes à l'Afrique, il a exhorté les africains à ne plus être « peuple objet » mais « peuple sujet », pensant et agissant de lui-même et par lui-même. Il a aussi demandé à chacun de ne pas verser dans des illusions. Citant le cas du Sénégal, qui fait souvent figure d'exception démocratique dans une Afrique mal dirigée, il a incité chacun à ne pas prendre le Sénégal comme norme ou modèle. « La Côte d'Ivoire passait pour un modèle, voyez le résultat. »

Cette prudence était philosophiquement pertinente. La réussite sénégalaise semble davantage tenir d'un art de gouverner, de certaines techniques qui lui ont réussi, que d'une véritable science rationnelle applicable ailleurs.

M. Yamb est ensuite revenu sur la notion d'hétéronomie. Depuis la conférence de Berlin, l'Afrique a perdu largement la maîtrise de son destin politique. Dans beaucoup  de pays africains contemporains, l'État-nation est un héritage du fait colonial. L'unité nationale, qui peut sembler si naturelle en Occident, reste artificielle. Et de poser alors deux nouvelles questions très inconfortables : « Qu'est-ce que le peuple en Afrique ? Qu'est-ce que le pouvoir ? »

Réservant à plus tard un éventuel examen des pistes pour une vraie gouvernance, et poursuivant sa démarche socratique, M. Yamb a interrogé d'un point de vue philosophique les fausses pistes fréquemment observées en Afrique. Cette démarche permet de ne pas juger mais de tendre un miroir.

Yamb a déploré que, dans un certain contexte de vacuité des idées, le recours à la force reste une tentation récurrente. « La militarocratie est une épée de Damoclès en Afrique. N'oublions pas non plus que plusieurs Etats africains sont toujours dirigés par d'anciens militaires reconvertis. » L'argument sophistique des militaires est que leur relative efficacité organisatrice leur donne une « légitimité ». La population a d'ailleurs une réelle demande de sécurité et l'armée est souvent le seul recours contre l'anarchie.

Autre forme de pouvoir prompte à tenter les pays africains : l'ethnocratie. Que l'ethnie majoritaire règne sans partage est parfois perçu comme le seul moyen d'assurer les fonctions de l'État. Car l'État reste une abstraction en Afrique, devait préciser Yamb, dans une parenthèse qui serait développée l'après-midi. Dans certains pays africains, l'État ethnique est une réalité. »

Autre tentation dont le philosophe sent le danger pour le continent : la menace grandissante d'une monarchie nouvelle version. Quand personne ne voit le bien-fondé de l'alternance, le retour à la « mêmeté », au pouvoir magique, peut séduire. « Les dauphins ne manquent pas », a glissé avec humour l'orateur.

Par humilité, modestie et réalisme, Yamb n'a tracé de pistes de bonne gouvernance que vers la fin. Encore a-t-il plus suggéré des moyens possibles de meilleure gouvernance que défini une finalité politique. « Le peuple, a-t-il dit, doit en principe être au centre de la démocratie. La peuple n'est pas la multitude, la foule, mais l'incarnation de la liberté qui s'objective dans les institutions. Or en Afrique, il y a beaucoup d'ethnos et peu de demos. Le fédéralisme peut être une option tant philosophique que politique. Dans des pays si multireligieux, multi ethniques et multi culturels que les pays africains, l'État multinational doit préserver la diversité dans l'unité. Fédérateur des cultures, des religions, des terroirs. L'État multinational est peut-être en Afrique le seul pouvoir à visage humain, qui garantisse la sécurité et le respect de la personne humaine. »

Penser la nation

La deuxième intervenante du matin était madame Juliette Grange. Elle a d'abord posé la question de l'universalité des idées philosophiques. Plusieurs philosophies politiques sont-elles possibles ? Si le modèle que nous tenons pour idéal en Occident s'applique mal en Afrique, devons-nous admettre que l'Afrique trouvera un jour sa voie propre, à partir de concepts qui seront vraiment les siens ?

Le reste de son exposé s'est concentré sur l'idée de nation. Penser la nation, s'interroger sur l'essence du fait national est devenu central en philosophie politique contemporaine. Les êtres humains vivent dans des communautés plus ou moins grandes et la philosophie politique moderne a privilégié le cadre de l'État nation pour comprendre ce qu'est le pouvoir.

Délaissant les théoriciens de l'État comme Machiavel, Hobbes ou bien Rousseau, madame Grange a surtout cité les auteurs qui réfléchissent au pourquoi du fait national. Elle a rappelé que la nation se caractérise par « l'invention de tradition » (Eric Hobsbawm). Elle a aussi suggéré que la nation est un espace intermédiaire entre la vraie vie (l'humanité prise sans son ensemble) et la vie vraie, celle de l'individu singulier et concret. Autrement dit, la nation est un vaste espace où le sujet humain se pose en législateur plus ou moins universel, en citoyen. Elle a rappelé avec Renan la forte composante affective de la nation, laquelle n'est pas une abstraction, mais « une âme, un principe spirituel ». Si le souvenir et les émotions jouent un rôle et façonnent un sentiment national, faire nation est aussi un acte de volonté, un « plébiscite de tous les jours », disait Renan. Enfin, Benedict Anderson a montré la part de projection dans le futur qu'implique l'idée de nation. Héritière d'une culture et d'une tradition, la nation est aussi une « communauté imaginée », une projection de la collectivité dans un futur qu'on espère le meilleur possible. Juliette Grange a aussi rappelé avec Anderson que la notion de fraternité est essentielle pour définir la nation.

L' exposé a été suivi d'un débat. Le professeur Mwayila Tshiyémbé, venu de Nancy, a parlé de ses travaux sur l'État multinational et le fédéralisme en Afrique. Le lecteur aura un bon aperçu de ses thèses en lisant son article publié dans « Le Monde Diplomatique » (www.monde-diplomatique.fr/2000/09/TSHIYEMBE/14270).

En réponse à plusieurs questions, dont une sur les diverses formes de démocratie et une autre « les valeurs africaines », on a évoqué le rôle de la palabre. Citant le livre de Jean-Godefroy Bidima (La Palabre, éditions Michalon), plusieurs personnes ont rappelé que la palabre est un espace de dialogue sans fin propre à l'Afrique, qui permet à la fois la liberté d'expression, une critique voilée du pouvoir et un désamorçage des conflits. Sa pertinence en politique pose question, mais tous ont reconnu qu'elle constitue un outil efficace de résolution des conflits. Gervais Yamb l'a judicieusement appelé une logothérapie.

Une jeune femme dans l'assistance a rappelé toutes les douleurs subies par l'Afrique. « Oui, a répondu humblement Gervais Yamb, nous portons les séquelles de l'esclavage et de la colonisation. Mais ne privilégions pas toujours cette thèse extérieure qui nous exonère d'une réflexion sur nos responsabilités. Nous sommes d'abord face à une déficience de nos dirigeants. » Cela pose la question de leur formation.

Une autre personne a souligné la sous-représentation des femmes et stigmatisé la maltraitance des enfants, indice grave d'une déficience politique: « Je suis d'accord, a concédé M. Yamb, il y a une vacuité des femmes dans la pensée politique africaine. Quant à la question des enfants, elle pose moins un problème de philosophie politique, de rapport au pouvoir, que de droit. La communauté internationale et les ONG essaient de soulager ceux qui sont les plus exposés à la violence politique. »

L'écrivain ivoirienne Tanella Boni, qui était dans la salle, est très brièvement revenue sur la question féminine en citant son ouvrage : Que vivent les femmes les femmes d'Afrique ? publié en mars 2008

En fin de débat, Michel Levallois a rappelé à tous qu'une esquisse de philosophie politique se trouve dans  la charte du Manden. Ce document du XIIIe siècle est présenté par certains comme une charte des droits de l'homme. Nous invitons le lecteur à consulter l'encyclopédie en ligne wikipedia pour en savoir plus fr.wikipedia.org/wiki/Charte_du_Manden

Séance de l'après-midi

La séance de l'après-midi s'est ouverte sur un exposé brillant de Madame Seloua Luste Boulbina. L'étude du cas algérien lui a permis de soulever plusieurs questions fondamentales de philosophie politique qui ont paru éclairer tous les participants. En effet, le cas algérien est loin d'être isolé et les interrogations de Luste Boulbina concernent bien d'autres Etats africains. Nous reproduisons ici les notes prises pendant son intervention.

État et souveraineté

« En Algérie, il n'y a pas d'État, il ne peut donc y avoir d'État de droit » a martelé froidement l'intervenante, avant d'esquisser un sourire, sûre de son effet. Nous avons tous sursauté, car l'Algérie donne l'illusion d'un État excessif et tutélaire. Alors que Juliette Grange avait posé la question de la nation, Luste Boulbina s'est montrée beaucoup plus politique dans son approche, en interrogeant la notion de l'État. « Pour schématiser, Rousseau est le théoricien de la souveraineté, du peuple souverain. Mais il faut lire Hobbes pour avoir une théorie de l'État moderne. L'Algérie a mis toute son énergie et sa légitimité à affirmer sa souveraineté, mais elle n'a pas pris la peine d'édifier un État, au sens hobbesien.

L'Algérie a un gouvernement et une administration, mais pas d'État. Philosophiquement, le cas algérien oblige à penser la différence entre un gouvernement, une administration et un État, toutes choses que l'opinion a tendance à confondre. Pourquoi en est-il ainsi ? La lutte politique en Algérie s'est faite par la guerre. Le pouvoir est né d'une guerre de libération nationale révolutionnaire accouchant de l'indépendance.  C'est pour cela qu'il y a un parti unique, le front de libération nationale. Ce parti ne parlait que de souveraineté politique, mais pas d'État ni de gouvernement.
 

Légalité et vénalité

En Algérie, il n'y a pas d'institution équitable et impartiale arbitrant les conflits de la société civile. Il n'y a pas de légalité mais de la vénalité. Rien ne peut se régler autour d'un bien commun. Un mot qui revient souvent chez les Algériens, c'est la schizophrénie. Si jaloux de leur souveraineté, les dirigeants algériens ont importé une langue officielle, l'arabe, qui a été préférée à la langue officielle subie (le français). Or il faut savoir que cette langue est étrangère à l'algérien de la rue. Mais comme c'est un symbole de souveraineté ou de ce qu'on croit tel, on préfère vivre dans cette schizophrénie.

Quels peuvent être les rapports sociaux dans un tel État ? Ils sont gangrenés par l'envie, une passion souvent étudiée par la philosophie. On envie le voisin (envie = proximité). On envie ce que l'autre a réussi à avoir, on veut l'en déposséder en dénonçant comme injuste l'acquis du voisin.  La seule chose qui protège en Algérie, c'est la parentèle. Il n'y a pas vraiment une sûreté publique comme dans un État de droit, mais des protections.

Autre exemple de schizophrénie : après l'indépendance, les Algériens étaient fiers de leur nationalité. La nationalité, c'est ce qu'on est dans le monde. Eh bien, au départ, on était si fier du drapeau algérien, du passeport. C'étaient de beaux symboles et une source de noblesse pour le peuple. Ensuite, les Algériens sont devenus désespérés de leur nationalité. Beaucoup de jeunes quittent l'Algérie sur des embarcations, ils ne trouvent pas leur place dans ce pays, ils ne s'y reconnaissent pas. Mais je rappelle aussi avec Aristote que la citoyenneté, selon Aristote, c'est de pouvoir commander et obéir. Or en Algérie, personne n'est prêt à obéir, tous ne se conçoivent que pour commander aux autres. »

L'exposé de madame Luste Boulbina a fait fuser les questions de « politique comparée ». Certains se sont interrogés sur les différences entre le cas algérien (colonie de peuplement, administration directe) et les cas de la Tunisie et du Maroc, (protectorats qui préservèrent une monarchie traditionnelle). D'autres ont suggéré que l'absence de l'État est générale au Maghreb, séquelle non pas de la colonisation mais de l'occupation ottomane.

D'autres participants ont suggéré que des causes différentes peuvent générer des effets semblables. Bon nombre d'Etats africains, même sans être nés d'une guerre de libération nationale, ont des Etats fragiles. Peu de pays peuvent assurer la sécurité des choses et des biens sur tout le territoire. Beaucoup de pays n'arrivent pas à maîtriser des portions importantes de leur territoire.

Madame Tanella Boni a confirmé avec humour le propos de Luste Boulbina. « Oui, je confirme que les mots magiques sortent vite quand ça va mal. Dès que l'on vous chatouille un peu en Afrique, vous sortez le mot magique de souveraineté nationale et État souverain, et le débat s'arrête là. »

Madame Leila Bensalem de Tunisie a essayé de formuler de façon positive une réponse au vide institutionnel. « Je propose de revenir à la shura, l'assemblée consultative traditionnelle de nos pays musulmans ... »

« Renaissance de la shura ? s'est interrogée Luste Boulbina, songeuse, avant de reprendre. La restauration n'est pas possible. Mais on peut concevoir des instruments qui peuvent, comment dire, être vivifiés. Bien des choses sont mortes en Algérie, qui sont encore vivantes en certaines régions, par exemple la Kabylie, beaucoup plus délibérative que le reste du pays ».

La journée s'est achevée par une communication du Professeur Hubert Mono Ndjana, arrivé de Yaoundé et devant se rendre à Nancy pour la thèse de Gervais Yamb. Il a parlé sur « L'État de droit et la démocratie en Afrique Centrale : entre mythe et réalité » Le texte de son allocution est disponible sur ce blog. Voir

http://lrafricain.blog4ever.com/blog/lirarticle-172272-887307.html

Gervais Yamb a conclu sur la nécessité de former les personnalités politiques « On a besoin de bureaux d'études pour construire la démocratie. Alors va pour des bureaux d'étude en architecture démocratique. »

Madame Juliette Grange a remercié les participants et sollicité l'aide de tous pour un grand colloque en 2010.  



22/06/2008
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