Une jeune togolaise évoque la force de l'amour aux Nations unies

Dorcas PIMIZI faisait partie d'un collège de jeunes gens de plusieurs pays et représentant diverses confessions religieuses qui ont été invités le 1er septembre 2008 à offrir une simulation de conseil interreligieux à l'ONU de Genève (Palais des Nations). S'exprimant comme femme africaine de confession protestante, Dorcas Pimizi a dit en termes simples et touchants sa foi que le message d'amour peut toucher l'action des Nations unies pour la paix.


Discours lors de la Conférence inter-religieuse à l'ONU, 1-2 septembre 08

 

Je suis PIMIZI Toka Hodalo Dorcas, originaire du Togo. J'ai terminé mes études de théologie et suis actuellement en stage pastoral et interreligieux. De confession chrétienne, je participe aux cultes de l'Eglise Evangélique.

 

Dans les églises chrétiennes, j'observe que lorsqu'on aborde le thème de la paix dans le monde, la tendance très répandue est de limiter la question à l'application de l'oeuvre du Christ à l'individu dans la vie présente.

La paix tend à s'étendre à quelques pays privilégiés, situés dans un certain nombre de continents alors que bibliquement, l'oeuvre de Dieu s'étend à l'humanité en tant qu'ensemble.

 

Comment faire pour que la paix règne dans le monde ?

Je propose 4 points :

 

1 -  Il faut retrouver la bonté de la création originelle,

Au commencement, la création était parfaitement conforme aux desseins que Dieu avait formés à son intention. Il s'agit de maintenir ce but clairement dans notre cœur et de continuer d'œuvrer pour l'accomplir.

 

2 – Il faut rétablir l'harmonie des relations

La création reflétait l'harmonie parfaite entre tous les êtres vivants. Tant que cette harmonie n'existe pas, l'être humain ne sera pas satisfait et comblé. Il s'agit donc d'œuvrer pour harmoniser les relations humaines à tous les niveaux, de l'individu à la société, aux ethnies et finalement aux nations du monde entier.

 

3 –Il faut pratiquer le pardon :

Les  peuples doivent créer des ponts entre eux en apprenant à se connaître et se comprendre pour favoriser la communication. Le ressentiment, c'est-à-dire le contraire du pardon, nous mène à la destruction morale de l'amour. Ce que l'Eglise demande aux nations, c'est de pratiquer le principe du pardon qui permet de surmonter tous les mauvais sentiments, toutes les haines passées et présentes et d'établir ou de maintenir l'union entre toutes. Un proverbe espagnol dit : « le plus court chemin entre deux cœurs passe par les étoiles ». Je comprends ce proverbe dans cette lumière car les étoiles éclairent et illuminent les cœurs.

 

4 – Il faut renforcer ce qui est fait par l'ONU :

L'ONU doit tenir compte des besoins non seulement physiques mais également spirituels de l'humanité. Lorsqu'il s'agit de venir en aide à un peuple, les responsables religieux de ce peuple doivent pouvoir informer l'ONU sur les aspects culturels et spirituels dont il faut tenir compte pour que l'aide soit entière et non contre-productive. Il faut inclure ces responsables également dans la mise en pratique des mesures prises sur place afin que la population comprenne ces mesures et y collabore.

De plus, l'ONU doit être réceptive aux initiatives et aux idées qui sont émises par les responsables religieux. Elle ne peut plus prétendre exclure l'aspect religieux de son mandat.

 

J'aimerais encore parler de la contribution du Christianisme à la bonne marche des gouvernements.

Dieu associe l'homme à sa création et lui donne la potentialité de faire l'histoire. Étant l'image de Dieu, l'être humain a la capacité de rendre visible l'image de Dieu sur la terre. Pour que les nations reçoivent la bénédiction de Dieu, chaque nation doit avoir la parole de Dieu dans son coeur et lui rendre un culte agréable tout en consolidant sa relation avec Dieu et les autres. C'est dans l'union avec Dieu que les nations auront la paix. Je pense que les responsables religieux doivent s'investir dans les affaires publiques et politiques pour que leurs idéaux soient mis en pratique dans la société.

 

Prenons l'image du mariage.

 Pour Jésus (Marc 10:1-12) ce qui lie l'homme et la femme, c'est l'amour ; celui-ci vient de Dieu. Les nations sont appelées à s'aimer mutuellement. La Bible déclare dans Cant. 8:6-7 « l'amour est fort comme la mort ».

Pour comprendre comment les nations peuvent collaborer à la paix mondiale, prenons une vieille légende perse qui rapporte l'histoire de majnùn, le jeune bédouin. Elle rappelle d'ailleurs l'histoire de St. François d'Assise. Par amour, son père lui donne une femme en mariage. Le jeune couple s'enfuit dans le désert, où ils vivent désormais au milieu des bêtes sauvages, nus et solitaires, sans espoir et sans crainte ; fou riant, il crie au vent ses poèmes d'amour. Il est critiqué pour avoir fui la société. À un roi arabe qui avait voulu le voir et pour connaître le secret de son amour, il  répliqua :

« Ah ! si ceux qui me blâment pouvaient voir la beauté de Léïla ». Quand le roi  alla les trouver, il fut très déçu de ne voir qu'une maigre noiraude brûlée par le soleil, infiniment moins belle que n'importe laquelle des esclaves de son harem.

Mais majnùn, devinant les pensées du roi, lui lança ces vers

« Tu es aveugle à la beauté de Léïla

Que faire ?

Tu dois la voir avec les yeux de majnùn »

 

Telle est l'énigme de l'amour, de cette invisible réalité qui échappe à la raison humaine. 

Si nous essayons tous de pratiquer l'amour vrai, sans se soucier ni de l'apparence ni des préjugés, nous pourrons ressentir la liberté d'être unis les uns avec les autres grâce à ce même amour. Je pense que l'Eglise au plan mondial peut exercer une plus grande influence dans la réalité quotidienne de notre temps pour promouvoir la paix entre les nations si elle pratique vraiment les enseignements du Christ et collabore avec l'ONU.

 

 



25/10/2008
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